PROFILS | Publié : mars 2021

Réflexions autour de la traduction à l’ère numérique

Renée Desjardins, professeure en traductologie.

Renée Desjardins (droite), codirigeante du livre When Translation Goes Digital: Cases Studies and Critical Reflections.

 

Hong Kong, 2018. Renée Desjardins, professeure en traductologie à l’Université de Saint‑Boniface (USB), et son équipe proposent lors d’un colloque international un panel thématique intitulé When Translation Goes Digital [Lorsque la traduction passe au numérique]. La salle est pleine; le panel est un franc succès.

« La thématique a suscité un intérêt marqué, fait valoir la professeure. Nous avons reçu un grand nombre de soumissions! »

C’est donc au sixième colloque international en traductologie de l’International Association for Translation and Intercultural Studies (IATIS) que l’idée d’un ouvrage collectif est née.  

« On a lancé un appel pour que ceux et celles qui n’avaient pas pu participer au colloque à Hong Kong puissent contribuer, et pour élargir l’étendue géographique, culturelle et linguistique du projet.

« Je voulais en particulier ouvrir la porte à des chercheurs étudiants à la maitrise ou au doctorat. J’ai cela très à cœur. Je voulais m’assurer qu’on ne retrouve pas dans l’ouvrage que les noms qu’on voit tout le temps, mais aussi des nouveaux. La relève en recherche doit pouvoir participer à ce genre de forum. »

Au final, sur une dizaine de chapitres et l’introduction, près de la moitié des auteurs sont en début de carrière ou des chercheurs émergents.

Les trois codirecteurs de l’ouvrage précisent qu’il ne s’agit donc pas d’actes de colloque, mais d’un approfondissement de la matière par l’entremise de nouveaux textes sur le sujet.

Ainsi, la thématique centrale de When Translation Goes Digital est large et englobante. C’est la traduction à l’ère numérique, sous toutes ses déclinaisons.

« Souvent, on trouve des ouvrages sur des points précis de la traduction à l’ère numérique, comme la traduction automatique ou neuronale, ou celle sur les médias sociaux. C’est rare d’avoir toutes ces thématiques rassemblées dans un même ouvrage. C’est ce qu’on a voulu offrir : une diversité de cas d’étude. »

L’ouvrage aborde à la fois l’automatisation de la traduction, le sous-titrage sur YouTube, la traduction de la littérature non linéaire à l’aide d’outils numériques comme Twine, la traduction bénévole et participative, la traduction et le multilinguisme sur les plateformes de science citoyenne comme Zooniverse – cette dernière étant une problématique sur laquelle Renée Desjardins a dirigé ses propres recherches – les influenceurs qui se servent de la traduction sur YouTube pour accroitre le nombre d’abonnés, la traduction professionnelle et la gestion de projets à l’ère de l’automatisation, ou encore la traduction neuronale et si celle-ci devrait être un bien collectif.

« Ça donne toute une série de pistes à explorer!, se réjouit la professeure-chercheuse de l’USB. L’ouvrage s’adresse avant tout à un public universitaire, mais de nombreuses disciplines autres que la traductologie pourront y trouver de l’intérêt, entre autres, les humanités numériques, les communications, et les STIM [sciences, technologie, ingénierie et mathématiques].

« Les influenceurs sur les médias sociaux et le grand public qui se questionnent sur ces traductions pourraient également s’y intéresser, puisqu’on s’est assurés de rédiger de manière accessible, sans trop de jargon disciplinaire, en utilisant des exemples et des cas d’étude du quotidien.

« C’est d’autant plus pertinent en temps de pandémie, où la place de la communication multilingue, la technologie et l’importance d’être en réseau est plus importante que jamais », conclut-elle.

Le 4 février dernier, par vidéoconférence, le livre When Translation Goes Digital: Cases Studies and Critical Reflections, que la professeure a codirigé avec Claire Larsonneur (Université Paris 8, France) et Philippe Lacour (Universidade de Brasília, Brésil), a été lancé, sous le parapluie de la maison d’édition Palgrave Macmillan. Le lancement, qui a pris la forme d’un « mini-colloque », selon Renée Desjardins, a accueilli les auteurs de l’ouvrage qui ont chacun eu l’occasion de présenter leur chapitre.

Le livre est disponible en ligne depuis fin décembre 2020. Il est possible de l’acheter en totalité ou chapitre par chapitre. Le chapitre de Renée Desjardins, quant à lui, est disponible en libre accès grâce à un appui du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada et de l’Université de Saint-Boniface.

 

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