Lors de son arrivée au Canada, il y a 15 ans, Beydi Traore a vu dans le bénévolat une solution d’intégration : « S’engager au sein de sa communauté, c’est comprendre l’environnement dans lequel on évolue, mais aussi apprendre à mieux se connaitre soi-même », dit-il.
Malgré son récent départ à titre de directeur général de l’Association étudiante de l’Université de Saint-Boniface, rôle qui s’est étendu sur dix ans, il continue à rassembler et à soutenir la communauté francophone au Manitoba en s’investissant dans de nombreux comités et conseils d’administration, et dans ses nouvelles fonctions à Francofonds.
Trouver sa place en tant qu’étudiant international
« L’une des premières choses que je dis toujours aux étudiants, c’est de faire du bénévolat », affirme l’ancien directeur de l’AEUSB, Beydi Traore.
« L’USB a eu un impact très important dans ma vie, aussi bien sur le plan professionnel que personnel. M’impliquer au sein de l’AEUSB durant mes études m’a tellement apporté, que je me suis dit qu’il fallait que je continue à m’engager dans la communauté. »
Beydi Traore, diplômé de l'USB
Arrivé au Canada en tant qu’étudiant international du Mali, il tire ce conseil de sa propre expérience : « J’ai commencé mon parcours à l’Université York, à Toronto. J’ai été marqué par la facilité avec laquelle on peut se retrouver déconnecté des autres, surtout en tant que nouvel arrivant qui ne maitrise pas encore la langue », explique-t-il.
Souhaitant poursuivre sa vie en français tout en développant son anglais, il se tourne finalement vers l’USB, où il choisit le bénévolat comme point d’entrée dans sa nouvelle communauté.
Un engagement communautaire grâce à l’AEUSB
Tout au long de son parcours d’études, qui l’a mené à obtenir un baccalauréat ès arts de l’USB, Beydi Traore a assidument pris part à la vie universitaire, en s’impliquant dès le début au sein de l’Association étudiante. Après avoir été le représentant de sa faculté, il en devient vice-président, puis président. En parallèle, il a collaboré avec la Fédération canadienne des étudiants, à titre de commissaire francophone, s’assurant de l’accessibilité de l’information en français.
Son engagement auprès de la communauté étudiante s’est poursuivi au-delà de ses études alors qu’il acceptait le poste de directeur général de l’AEUSB en 2016.
« L’USB a eu un impact très important dans ma vie, aussi bien sur le plan professionnel que personnel, souligne Beydi Traore. M’impliquer au sein de l’AEUSB durant mes études m’a tellement apporté, que je me suis dit qu’il fallait que je continue à m’engager dans la communauté. »
Un leadeurship rassembleur
Aujourd’hui directeur général de Francofonds, Beydi Traore continue de mettre son énergie au service de la francophonie manitobaine en participant à plusieurs comités et en siégeant à divers conseils d’administration. Il est également l’un des cofondateurs de Parents contre le racisme, un organisme communautaire qui œuvre à lutter contre le racisme par l’éducation et la sensibilisation.
« Je dirais que j’ai un leadeurship rassembleur. J’aime entendre les idées des autres, car chaque personne apporte un point de vue nouveau. Cela permet de vraiment comprendre les spécificités de la communauté. »
Il reste également toujours attentif aux enjeux qui touchent à la population étudiante. « Durant mon parcours à l’USB, le gouvernement a retiré l’accès à l’assurance maladie pour les étudiants internationaux. Je me suis battu pour rétablir cette mesure et j’aurais aimé voir un changement avant mon départ », exprime Beydi Traore, qui assure néanmoins continuer à surveiller l’avancée de l’initiative.
Au départ, motif d’intégration, l’engagement de Beydi Traore au sein de sa communauté continue de contribuer autant à sa construction identitaire qu’à la vitalité de la francophonie.