NOUVELLES ET ÉVÈNEMENTS | 24 aout 2018

Recherche fructueuse sur l’intégration de réfugiés

Faïçal Zellama, professeur à l'Université de Saint-Boniface

 Faïçal Zellama, professeur à l'USB et porteur d'un projet de recherche sur l'intégration des réfugiés.

C’était en janvier 2017. Faïçal Zellama, professeur à l’Université de Saint-Boniface (USB), et une équipe interdisciplinaire de chercheurs lançaient un projet de recherche sur les récents mouvements de réfugiés à la frontière canadienne et la question de leur intégration.

Le projet, intitulé « Établissement et intégration de réfugiés d’expression française dans une communauté de langue officielle en situation minoritaire francophone : le cas de Winnipeg et Saint-Boniface », avait reçu une subvention de 32 000 $ de la part d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

Plus d’un an plus tard, Faïçal Zellama en tire le bilan : « Ce projet est une réussite extraordinaire. J’ai fait part de mes recommandations au gouvernement. On l’a également présenté à Ottawa et à Calgary. »

Comment les réfugiés sont-ils intégrés? Quels sont leur statut, leur trajectoire, leur place dans le marché du travail? Pour répondre à ces questions, une vingtaine d’intervenants d’organismes partenaires locaux, tels que Pluri-elles, l’Accueil francophone et le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba (CDEM), ont été interrogés.

En outre, plus d’une quarantaine de réfugiés, majoritairement d’expression française et vivant à Saint-Boniface, ont été interrogés, individuellement ou en groupes.

« Ce projet m’a amené dans des directions auxquelles je ne m’attendais pas, confie Faïçal Zellama. Certains témoignages ont été très durs. Ces réfugiés, ce sont des gens qui ont beaucoup souffert. Notre but était de faire parler les réfugiés et les intervenants, pour voir s’il y avait une articulation entre les deux. »

Les principaux résultats de cette étude tournent autour de six variables : le logement, l’emploi et la formation, l’éducation, la maitrise des langues officielles, la santé et l’intégration sociale. Au vu de ces résultats, Faïçal Zellama et son équipe de chercheurs ont formulé plus d’une vingtaine de recommandations en lien avec ces six variables.

« Par exemple, le contenu de l’enseignement pourrait être revu pour qu’il réponde davantage aux besoins spécifiques des réfugiés d’expression française, détaille Faïçal Zellama. Ou bien, des centres de formation pour les réfugiés pourraient être mis sur pied. Les réfugiés n’ont pas la même trajectoire ni les mêmes repères que la population canadienne. Par conséquent, il est nécessaire de s’adapter à leurs besoins spécifiques. »

En conclusion, le professeur Zellama recommande fortement la revue de certains services offerts à la population de réfugiés, qu’il estime être « vulnérable et isolée », afin que ces services la desservent mieux.

« Dans le contexte de ce projet, je me suis trouvé face à une ghettoïsation, confie Faïçal Zellama. Si on continue dans cette voie, il y a de fortes chances qu’il y ait un Kinshasa à Winnipeg. Une suite sera certainement donnée à nos recherches. Nous avons déjà l’idée d’un autre projet, que nous avons hâte de lancer. »

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