PROFILS | Publié : juillet 2022

Une carrière animée par amour pour la science

François Gauvin, professeur de chimie.

François Gauvin prend sa retraite après après 11 ans d'enseignement à l'USB. 

Le professeur de chimie François Gauvin a annoncé son départ à la retraite, qui se fera le 1er aout 2022. Après environ 11 ans d'enseignement à l'Université de Saint‑Boniface, il prépare son départ la tête remplie de beaux souvenirs d'une carrière remarquable.

À tout moment, François Gauvin laisse transparaitre sa passion pour son métier. Il s'empresse de raconter ses activités quotidiennes et d'expliquer le laboratoire qu'il prépare pour ses étudiants. « C'est ça que j'aime dans ce travail. C'est beaucoup de préparation pour nous, mais une fois dans le laboratoire, on laisse les étudiants faire. Ils sont là pour apprendre et ils deviennent très vite autonomes. »

Pourquoi la chimie?

Pour François Gauvin, la chimie combine le meilleur de tous les mondes. « Ce sont des éléments théoriques qui peuvent être complexes ainsi que des aspects expérimentaux. Et au travers de tout ça, il y a l'algèbre, les mathématiques. »

En effet, il s'identifie beaucoup à cette science, car il y retrouve plusieurs aspects de son propre caractère. « Il y a des choses philosophiques, mais c'est aussi très technique. Et j'aime jouer avec les éléments abstraits et le concret du laboratoire. »

L'engouement de François Gauvin pour les sciences remonte à bien loin. « Au secondaire, j'ai eu des enseignants de chimie extraordinaires, raconte le natif du Québec. Ce sont probablement eux qui ont allumé la petite mèche. Dès mes premiers cours de chimie, j'étais fasciné. »

Il raconte qu'il s'amusait même à enseigner à ses amis sur un tableau vert que lui avaient acheté ses parents. « On s'installait dans le sous-sol et je donnais de petits cours de chimie. »

La bosse de l'enseignant de chimie s'est manifestée très tôt.

Prêt à transmettre sa passion

Des années plus tard, un baccalauréat de l'Université de Sherbrooke, une maitrise de l'Université Laval et un doctorat de chimie de l'Université McGill en main, François Gauvin obtient son premier poste d'enseignement au Collège militaire royal de Saint‑Jean, au Québec. « C'était la première fois que j'étais exposé à des élèves pour de vrai, dans une classe, se souvient-il.

« Mon premier automne, j'étais vraiment nerveux. Mais je me suis vite rendu compte que je connaissais bien ma matière et j'ai donné mon cours sans regarder mes notes. On aurait dit que ça se faisait tout seul! »

En 2002, François Gauvin et sa famille quittent le Québec pour s'installer au Manitoba. Le professeur avait obtenu un poste à l'Université du Manitoba, où il a enseigné pendant une dizaine d'années. « C'était une belle expérience, mais c'étaient très souvent de gros groupes et j'avais peu l'occasion d'interagir avec les étudiants. Je voulais réduire mon échelle et travailler à nouveau en français. »

C'est en 2011 que son aventure à l'USB commence. Et trois ans plus tard, François Gauvin devient responsable des cours de chimie de première année, il enseigne ainsi la chimie physique et la chimie organique, ou encore des cours de botanique ou de toxicologie.

« J'étais très heureux de revenir à l'éducation en français, surtout au Manitoba, confie le professeur. J'ai aimé côtoyer des gens de toutes les disciplines. C'est une ambiance que j'adore! »

Plus tard, ce chimiste décroche le poste de doyen par intérim de la Faculté des arts et la Faculté des sciences, pour une période d'un an seulement, puis retourne allègrement à sa passion de l'enseignement.

Souvenirs d'un établissement à taille humaine

Quand on lui demande ses plus beaux souvenirs à l'USB, sans hésitation, il répond : les belles rencontres. « Autant avec les étudiants qu'avec les collègues. J'aime beaucoup l'aspect humain, relationnel avec les gens à l'USB. »

Le professeur de chimie ajoute aussi que l'USB est assez bien équipée en ce qui concerne les sciences. « Pour une université de cette taille, avoir autant d'équipements et de possibilités, c'est très beau! »

Il se remémore d'ailleurs des évènements qu'il a pris plaisir à organiser. « De petites choses ici et là vraiment agréables, comme un café scientifique en 2012. »

Transmettre ses connaissances au-delà de la salle de classe

Parmi ses accomplissements, François Gauvin a aussi été coordonnateur national du Concours canadien de chimie pendant plusieurs années, et mentor et membre du bureau de direction de l'Olympiade de chimie du Canada. Comme mentor, son rôle était d'accompagner les élèves canadiens qui participaient aux Olympiades internationales de chimie.

« C'est une expérience extraordinaire pour les étudiants, et pour nous aussi, raconte-t-il. Pendant huit à dix jours, les étudiants ont des examens théoriques et des épreuves de laboratoire très poussées. Le reste du temps, ils profitent d'activités sociales et culturelles. Grâce à ça, j'ai notamment voyagé en Australie, au Danemark, en Thaïlande et en Allemagne. C'était formidable. »

Mais ce qui passionne encore plus François Gauvin, c'est d'aider et de partager son expertise de l'enseignement de la chimie. « On est un groupe de personnes au Canada qui se penche beaucoup sur les difficultés de l'enseignement de cette science, explique-t-il. Je m'intéresse aux défis des enseignants, surtout en milieu minoritaire. Il y a des ressources qui sont difficiles à obtenir. Mon but, c'est d'aider ces enseignants-là. »

C'est d'ailleurs pourquoi il a mis sur pied une formation de sécurité en laboratoire. Après avoir suivi plusieurs formations de ce type, il a élaboré lui-même une formation sur mesure pour l'USB, autrefois offerte en présentiel et aujourd'hui disponible ligne. Le perfectionniste en lui ne peut apaiser son désir d'offrir un produit de qualité. « J'aimerais encore peaufiner la formation, mais en gros j'en suis très satisfait. »

Parmi la longue liste de ses accomplissements professionnels, signalons que le professeur François Gauvin est membre de l'Ordre des chimistes du Québec et de l'Institut de chimie du Canada, et a participé à la révision de plusieurs manuels de chimie. Il est également très actif au sein du Congrès de chimie collégiale du Canada.

Un départ comblé

Après tout ceci, comment occupera-t-il son temps à la retraite? D'abord, en profitant de sa famille. « Mon épouse et moi sommes les heureux grands-parents de deux petits-enfants. J'ai le gout d'avoir du temps pour eux.

« J'aime bien bricoler aussi. »

« Et la science, l'enseignement et la sécurité chimique me passionneront toujours, alors s'il y a des besoins dans la communauté, je pourrais me rendre disponible. Mais c'est le temps de laisser la place aux plus jeunes. »

Le doyen de la Faculté des arts et la Faculté des sciences de l'USB, Alexandre Brassard, a salué le départ à la retraite de François Gauvin dans une lettre au personnel mettant à l'honneur la belle carrière du professeur :

François peut s'enorgueillir d'avoir transmis ses connaissances et son amour de la science à des centaines de jeunes. Son inlassable labeur a porté fruit et se poursuit à travers ses anciens pupilles. Si la chimie est la « science des transformations », François est exceptionnellement outillé pour commencer cette nouvelle phase de sa vie.

 

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