PROFILS | Publié : juillet 2022

Un parchemin pour mieux aider son prochain

Rasmata Nadine Ouedraogo, diplômée en travail social.

Rasmata Nadine Ouedraogo, diplômée en travail social. 

Rasmata Nadine Ouedraogo a un parcours que l'on peut qualifier de hors du commun. Originaire du Burkina Faso, cette femme de 41 ans a participé pendant six ans à des missions en Amérique latine avec les Sœurs de Sainte-Croix, pendant lesquelles elle a aidé les personnes dans le besoin, dans la rue, seules ou en deuil.

« J'ai toujours trouvé beaucoup de joie à donner mon temps pour aider, raconte-t-elle. Je savais que j'étais destinée à faire ça. »

Alors qu'elle était à Lima, au Pérou, un évènement est venu éclairer son parcours. « J'ai rencontré une petite fille à qui il était arrivé quelque chose de grave. Après l'avoir aidée, j'ai été frappée par le fait que si j'avais été mieux outillée, j'aurais pu faire beaucoup plus pour cette enfant. J'aurais pu amener son cas plus loin. »

À la poursuite d'une éducation

Grâce à l'aide de sa congrégation, Rasmata Nadine Ouedraogo découvre le programme du baccalauréat en travail social sur le site Web de l'USB. « J'ai vraiment été charmée par la description de ce programme, se souvient-elle. C'était clair : c'est ça que je vais faire, et en français. »

Arrivée au Canada en 2018, l'altruiste raconte que les premiers temps au Manitoba ont été synonymes d'adaptation. « C'est un autre pays, une autre réalité, souligne-t-elle. Je n'avais jamais fait d'études universitaires, et je ressentais un mélange d'inquiétude et de joie. »

Malgré tout, son intégration à Winnipeg se fait rapidement grâce au service d'accueil du Bureau international de l'USB ainsi qu'au soutien personnel dont elle bénéficie au cours de ses études.

« J'ai été vraiment impressionnée par mes professeurs. Même pendant la pandémie, ils n'ont jamais cessé de communiquer avec nous, en inculquant chez moi un sentiment d'appartenance. Ils nous donnaient tous les moyens pour que l'on réussisse dans nos études. Tu peux vraiment arriver à ce que tu veux : c'est ça, l'USB. »

Dans le cadre de ses quatre ans dans le programme du baccalauréat en travail social, Rasmata Nadine Ouedraogo fait deux stages : un chez Sara Riel et un autre au Centre Youville de Saint-Vital où elle a senti qu'on lui permettait de prendre une véritable place pour apprendre. « J'ai pu accompagner des gens, les guider, raconte‑t‑elle. J'ai appris qu'il était permis de se mettre dans une situation de vulnérabilité devant les gens, leur dire que l'on ne connait pas tout, mais que nous allons faire face au problème ensemble. »

Elle remarque d'ailleurs un soutien personnel particulier au cours de ses études. D'abord, de la part de sœur Norma McDonald, qui a elle-même travaillé à l'USB pendant 24 ans et qui prête son nom à la banque alimentaire étudiante Chez Norma, ainsi que de ses professeurs et professeures.

« Ces gens m'ont beaucoup aidée, et même marquée », dit-elle.

Tout pour son pays d'origine

Rasmata Nadine Ouedraogo ne retire que du positif de son temps à l'USB, notant que le principe du travail social rejoint vraiment ses valeurs. « La personne humaine se trouve au centre de tout », souligne-t-elle.

Mais pendant ces quatre années, le Burkina Faso est demeuré en ligne de mire. « Même s'il y a eu des défis dans le cadre de mes cours, j'ai vécu beaucoup de moments de joie. Tout le temps, je me demandais : "Qu'est-ce que je peux rapporter de ce cours au Burkina Faso?" Parce que c'est là que je vais travailler. Ce programme m'a donné les habiletés pour faire face aux problèmes sociaux qui touchent les communautés en Afrique. »

Munie d'une pensée critique, de compassion et d'une richesse de connaissances professionnelles et personnelles, la diplômée en travail social se tourne maintenant vers son pays natal. En fait, à l'heure d'écrire ces lignes, Rasmata Nadine Ouedraogo est de retour au Burkina Faso avec l'objectif d'aider à construire un centre de santé et une école à Ouagadougou, la capitale, et d'y exercer comme travailleuse sociale.

« C'est à mon tour d'aller au Burkina Faso pour apporter ma contribution, affirme-t-elle. Le pays est confronté à beaucoup de traumatismes, de pauvreté et de souffrance humaine. J'espère que je pourrai être une oreille attentive pour les personnes dans le besoin. L'écoute active est une habileté que j'ai acquise lors de ma formation à l'USB, et c'est un très puissant outil de guérison. »


Rasmata Nadine Ouedraogo a donné l'allocution d'adieu lors de la collation des grades le 13 juin 2022 et s'est vu décerner le prix du Réseau des diplômés pour ses contributions à la vie étudiante.

 

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