NOUVELLES ET ÉVÈNEMENTS | 6 juillet 2026

Retrouvailles de 1976 : entre souvenirs et identité francophone

La cohorte diplômée de 1976 du CSSB.
La cohorte diplômée 1976 du CSSB devant la façade historique de l'USB.

Cinquante ans après leur passage au Collège Secondaire de Saint-Boniface (CSSB), aujourd’hui l’Université de Saint-Boniface (USB), la cohorte de 12e année de 1976 s'est réunie le temps d’un après-midi et d’une soirée de retrouvailles.

Les membres se sont retrouvés au sein de leur alma mater, un lieu chargé de souvenirs liés à leur parcours, où les échanges ont principalement porté sur l’évolution du campus et la place de la langue française dans leur expérience commune.

Retour à leur alma mater

La présence de 76 personnes sur les 100 membres initiaux de la cohorte témoigne de la solidité des liens tissés il y a 50 ans, qui demeurent toujours présents malgré les années passées et la dispersion géographique des membres. En effet, plusieurs personnes ont fait le déplacement depuis différents coins du Canada, mais aussi de l’étranger, afin d’assister à ce moment symbolique.

« Nous sommes la cohorte de l’USB qui réunit le plus de membres pour des retrouvailles. Il y a des personnes que je n’avais pas vues depuis 50 ans, et nous sommes tous heureux de nous retrouver! », s’exclame Guy Préfontaine, ancien élève en 1976 et membre du comité organisateur des retrouvailles.

Ces liens, il les retrouve dans les souvenirs partagés : « C’était très spécial d’être au “Collège”. Nos enseignants étaient des amis de nos parents, alors nous avions un sens de responsabilité envers notre communauté », ajoute-t-il.

Le français comme héritage

Le sens communautaire partagé par les membres de la cohorte s’inscrivait également dans un contexte où l’éducation en français demeurait encore fragile, renforçant chez plusieurs un sentiment d’appartenance particulier.

« Pour beaucoup, le français avait été appris au foyer, explique monsieur Préfontaine. Se voir interdire ce droit a renforcé un vrai sentiment identitaire. On a tendance à le tenir pour acquis, mais il est important de se rappeler cette identité et de la défendre. Nous sommes tous ravis de constater que notre ancienne école a évolué pour devenir la seule université francophone de l’Ouest canadien. Cet atout culturel et linguistique dépasse désormais le simple cadre académique : il contribue à intégrer la langue française dans l’ensemble des sphères professionnelles de nos vies. »

L’établissement a joué un rôle prépondérant dans la construction de la francophonie locale. Pour ce membre de la cohorte de 1976, le passage au CSSB a notamment permis une ouverture sur la francophonie internationale, grâce à des enseignants issus d'horizons divers. « C’était la première fois où nous avions eu des professeurs non nord-américains. Cela nous a sensibilisé aux réalités francophones partout dans le monde. »

Une identité comme levier professionnel

Au-delà du lien communautaire, la langue française a également agi comme levier professionnel dans plusieurs parcours. Guy Préfontaine évoque son propre cheminement comme architecte, où la maitrise du français lui a notamment permis de siéger au Conseil canadien de certification en architecture, où il a écrit les rapports d’agrément pour l’Université Laval ainsi que l’Université de Montréal.

Il cite également d’autres gens issus de sa cohorte, dont l’honorable Richard Chartier, membre de l’Ordre du Canada et ancien juge en chef du Manitoba, qui a rédigé le rapport Avant toute chose, le bon sens : un rapport et des recommandations sur les services en français au sein du gouvernement du Manitoba (1998), Nicole Jounot Coudière, ancienne enseignante et copropriétaire de la Boutique du livre, ainsi que Daniel Boucher, ancien directeur général de la Société de la francophonie manitobaine et récipiendaire récent du prix Boréal leadership pour son engagement dans la francophonie canadienne.

« Tout le monde de notre cohorte a pu trouver une raison de valoriser le français, que ce soit par la culture, par leur profession ou par la communauté », souligne Guy Préfontaine.

Un rappel pour les prochaines générations

Ces retrouvailles ont attiré l’attention sur une génération soudée, marquée par une expérience commune au sein de l’établissement. « On aurait aimé que les prochaines générations puissent être là pour voir les liens et comprendre l’importance du français », conclut Guy Préfontaine.

Grâce à cet évènement, les membres de la cohorte de 1976 illustrent la force des liens communautaires au sein de la francophonie, et rappellent que la transmission linguistique repose autant sur les liens sociaux que sur les établissements.


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