PROFILS | Publié : septembre 2018

Plus de 20 ans de bonheur

Krystyna BaranowskiKrystyna Baranowski, professeure de la Faculté d'éducation de l'USB, maintenant à la retraite.

Krystyna Baranowski a foulé les marches de l’Université de Saint-Boniface (USB) pour la première fois à l’âge de 18 ans. Elle ne se doutait pas qu’il s’y déroulerait une très grande partie de sa vie. Après plus de vingt ans d’enseignement à la Faculté d’éducation, cette professeure de français langue seconde a pris sa retraite à la fin de l’été 2018.

Née en Angleterre de père polonais et de mère britannique, Krystyna Baranowski arrive au Canada toute petite, âgée de trois ans. Bien qu’élevée dans un environnement anglophone et n’ayant jamais fréquenté d’école d’immersion française, nait très tôt une grande histoire d’amour entre elle et la langue de Molière.

Et c’est après des études spécialisées en littérature française à l’Université du Manitoba qu’on lui propose d’aller en France comme assistante d’anglais, pour améliorer son français.

« J’ai vécu à Toulouse pendant un an, dans le Sud de la France, se souvient Krystyna Baranowski. C’était un grand défi d’enseigner l’anglais aux jeunes Français adolescents. Mais j’ai adoré ça! Ça a effectivement été un grand changement. Quand je suis revenue, le français me manquait déjà. »

À son retour, elle s’inscrit à l’USB pour faire une maitrise, qui allie études françaises, droit juridique et histoire à la Faculté d’éducation. Raymond Théberge, doyen à l’époque, qui souhaite la voir rester, l’invite à postuler à un poste de professeure. Elle l’obtient et travaille pendant quatre ans à l’USB, pour ensuite entamer un doctorat à l’Université McGill, reçu en 2010.

« À mes tout débuts, je doutais d’être capable de suivre des cours en français. Mais j’ai réussi. Je suis fière de ce parcours. Surtout parce que le français est ma passion, depuis l’âge de six ans. »

À l’USB, Krystyna Baranowski enseignait principalement au 2e cycle, le français langue seconde et la littératie à la Faculté d’éducation; et les cours de didactique au 1er cycle. Elle a notamment créé un cours de sociolinguistique, qui est toujours au programme. Parmi ses sujets phares, on compte la question des stratégies pour les enseignants non francophones de français langue seconde. « Je voyais souvent ces enseignants me répondre en anglais, confie-t-elle. Il y avait une question d’anxiété et de confiance. »

Un des plus beaux souvenirs professionnels de Mme Baranowski est justement d’avoir aidé les étudiants anglophones à avoir plus confiance en eux-mêmes quant à la langue. « Je leur expliquais qu’il n’y a aucun jugement dans l’espace de classe, raconte la professeure. Tout le monde est invité à discuter. Je peux les corriger, s’ils le souhaitent, mais c’est un travail que l’on fait tous ensemble. »

Pendant des années, Krystyna Baranowski alterne son enseignement entre l’USB, l’Université de Winnipeg et l’Université du Manitoba. Un rythme qui la garde bien occupée, toujours dans les domaines de la littératie, le français langue seconde et de la recherche, en tant qu’enseignante de français.

De toutes ces années, la professeure retient surtout le bonheur de travailler avec les étudiants. « Tous les étudiants sont des individus très différents. J’ai beaucoup aimé travailler avec des francophones, des anglophones et des allophones de partout. C’était un cadeau pour moi. »

À la retraite, Krystyna Baranowski prévoit voyager en Europe, probablement en Angleterre, en Pologne et, pourquoi pas, en France. En attendant, elle n’est pas prête à oublier l’USB.

« L’USB est un véritable bijou, et elle m’a marquée. Lorsque j’ai monté les marches pour la première fois, je me suis dit : Oh, que c’est joli ici! Les gens à l’intérieur sont si chaleureux. On ne peut pas traverser les couloirs sans s’arrêter pour faire des bises. On y a toujours de très belles conversations. Il y a quelque chose de spécial à l’USB. »

 

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