NOUVELLES ET ÉVÈNEMENTS | 1 octobre 2019

Les réfugiés indochinois au cœur d’un projet de recherche

Phi-Vân Nguyen, professeure à l'Université de Saint-Boniface.

 

Un projet de recherche mené par la chercheuse Phi-Vân Nguyen, professeure à l’Université de Saint-Boniface (USB) depuis 2017, s’est vu attribuer une subvention de près de 100 000 $ du Conseil de recherche en sciences humaines - le CRSH - (programme Savoir). Le sujet de recherche de la professeure Nguyen porte sur les réfugiés indochinois de la période 1975-1995.

Lors d’une conférence internationale à Genève en 1979, soixante états s’étaient réunis pour garantir l’asile automatique à toute personne quittant la péninsule indochinoise. Le projet de recherche montrera que cette conférence répondait non seulement à des besoins humanitaires mais aussi politiques.

En effet, les tensions entre le Vietnam d’une part et le Cambodge et la Chine d’autre part, se sont exprimées de manière ouverte dans la Troisième guerre d’Indochine en 1978–1979, mais aussi dans une crise de réfugiés particulière. Le système de départ — octroi du statut de réfugié, accueil temporaire et réimplantation — s’est d’ailleurs étonnamment poursuivi jusqu’à la fin de la guerre froide en 1989.

« Que l’ONU mette brusquement fin au programme révèle bien qu’il ne s’agissait pas de protéger des gens au sens strict de la convention de 1951, mais bien de se servir d’eux pour propager une idée, propose la chercheuse. En soi, la conférence établissait un système de protection pour des personnes vulnérables, mais portait aussi un jugement sur la situation politique : l’expansionnisme vietnamien semblait si dangereux que n’importe qui méritait qu’on lui donne asile ».

Le projet de la professeure Nguyen compte aussi étudier la manière dont on a représenté, au fil du temps, les « réfugiés du communisme ». Selon la chercheuse,  ces représentations font constater le décalage entre les réfugiés tel qu’ils existent dans le droit international et comment leur protection se matérialise concrètement en fonction des contextes politique, économique ou culturel.

L’attitude des associations humanitaires, caritatives ou religieuses à l’égard de ces réfugiés au fil du temps sera aussi examinée.

Pour réaliser ce projet, Phi-Vân Nguyen a réuni diverses personnes pour former son équipe de recherche. Deux étudiantes, Hannah Klos (éducation) et Sophie Sickert (arts), analysent la couverture médiatique de cette crise dans The Globe and Mail et The New York Times. Un étudiant de l’École technique et professionnelle (ETP) s’occupe quant à lui des aspects graphiques du projet, dont le logo, l’infographie et le site Web, qui s’avérera une réalisation majeure, car il sera produit en trois langues : français, anglais et vietnamien.

De ce projet de recherche découleront aussi plusieurs publications et communications scientifiques d’envergure internationale. Le site www.boatpeoplehistory.com hébergera de nombreux documents d’archives venant du Haut-Commissariat pour les réfugiés (UNHCR) de Genève et du Secrétariat général des Nations unies (SGUN) de New York. Cet outil fournira des sources de première main, une chronologie, des cartes, des idées d’ateliers, ainsi que des infographies utiles à tous les chercheurs et les enseignants s’intéressant à la conférence de 1979.

Le projet de recherche est prévu de se boucler à l’été 2020.

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