PROFILS | Publié : octobre 2020

Les inquiétudes étudiantes au cœur de l'enseignement

Phi-Vân Nguyen, professeure à l'Université de Saint-Boniface.

Phi-Vân Nguyen cherche à répondre aux inquiétudes de ses étudiantes et étudiants.

Certes, les restrictions sanitaires et sécuritaires liées à la pandémie imposent une chose : l’innovation. Et pour le corps professoral de l’Université de Saint-Boniface (USB), adapter ses cours afin d’offrir un apprentissage en ligne de qualité était incontournable. Mais si pour plusieurs étudiantes et étudiants la transition fut aisée, pour d’autres, un temps d’adaptation a été nécessaire.

Phi-Vân Nguyen, professeure adjointe au Département des sciences humaines et sociales de l’USB, s’est donné pour mission de répondre aux inquiétudes de la population étudiante du mieux possible.

Pour cela, elle a pu compter sur les données d’un sondage mené peu de temps après la décision d’offrir les cours en ligne pour la fin de l’année 2019-2020, une décision qui a été reconduite à la rentrée 2020-2021.

« Ce qui est le plus ressorti dans le sondage : la difficulté de mettre en place une autodiscipline depuis la maison, la peur de l’isolement et les questionnements sur la reprise des cours, explique Phi-Vân Nguyen. En prenant connaissance de ces inquiétudes, j’ai tenté de trouver des solutions ciblées pour répondre à ces besoins. »

Pour ce qui est de l’autodiscipline qu’exige le travail à domicile, par exemple, la professeure a créé des fiches de référence hebdomadaire, proposant des gestes précis que ses étudiantes et étudiants peuvent poser avant, pendant et après chaque leçon.

« Après un cours, par exemple, je leur suggère de relire leurs notes et de se demander ce qui était important de notre séance. Les fiches ne sont pas obligatoires. Elles servent juste à outiller les étudiants afin qu’ils puissent mieux prendre en main leur apprentissage au quotidien. »

Phi-Vân Nguyen précise par ailleurs que la crise n’a fait que mettre en relief des problèmes existants. « On avait déjà des étudiants qui éprouvaient des difficultés à organiser leur apprentissage étape par étape et à trouver un rythme de travail ».

En plus de les guider dans leur travail, la professeure a voulu adresser l’isolement. « Pour beaucoup de nos étudiants, c’est difficile de ne plus assister à des cours en présentiel, de se contenter des cours à distance. Venir physiquement en cours, c’est aussi voir des gens, discuter, socialiser. »

Phi-Vân Nguyen a donc mis en place un fil Twitter pour chacun de ses cours. « Je demande aux étudiants qui le souhaitent de créer un compte sur la plateforme et de s’abonner au fil. Ils peuvent y poser des questions, y donner des réponses. C’est un bon moyen pour moi d’animer leur vie intellectuelle, de les encourager à réviser, mais aussi de nous permettre de discuter de manière plus informelle, comme si on était à l’USB. »

La professeure voit aussi ce moyen de communication comme étant un bonus : une occasion en or d’aborder avec ses étudiantes et étudiants des notions comme le ton à prendre sur les réseaux sociaux pour assurer le professionnalisme et l’importance de développer une aptitude à la réflexion critique face aux nouvelles et au partage d’idées qui passent sur les médias sociaux.

 

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