PROFILS | Publié : mars 2026
Les défis de la science vus par une doctorante
Mélanie Aminot, diplômée de l'USB, présentait à l'USB en janvier dernier une conférence à l'USB intitulée « Quand les marqueurs mitochondriaux trompent ».
Depuis toujours, Mélanie Aminot est animée d’une curiosité et d’un intérêt profond pour les sciences. La diplômée d’un baccalauréat ès sciences – volet coopératif de l’USB, et aujourd’hui doctorante à l’Université de Moncton, reconnait volontiers qu’il s’agit d’un domaine où l’apprentissage demeure constant et sans limites : « Tu peux consacrer toute ta carrière à un seul sujet sans jamais en faire le tour, et c’est exactement ça qui me stimule. »
Voici le profil d’une scientifique dont le parcours jalonné de défis et de découvertes reflète avant tout sa passion pour les sciences et son attrait pour des milieux universitaires à taille humaine.
Apprendre par l’expérience
Même si Mélanie a toujours su qu’elle voulait évoluer en sciences, elle a amorcé son parcours sans savoir quel métier elle exercerait. Les cours plus généraux de première année l’ont néanmoins guidée vers la biochimie.
« Quand tu entends parler de biochimie, la réaction est souvent unanime : “Oh boy, non merci”, raconte-t-elle en riant. Lors de mes premiers cours, on nous a demandé de regarder autour de nous : un étudiant sur deux ne finirait pas la session, nous avertissait-on. Mais j’ai vu ça comme un défi à relever. »
Loin de se laisser décourager, elle intègre le volet coopératif de l’USB. Ses stages lui offrent une immersion en laboratoire et lui ouvrent progressivement la porte vers la recherche.
Ces expériences pratiques lui permettent non seulement de consolider ses compétences et de confirmer sa passion pour la biochimie, mais aussi de commencer à bâtir un réseau professionnel solide. Cette ouverture l’amène à intégrer le laboratoire où elle poursuit aujourd’hui ses recherches doctorales.
Entre défis et découvertes
Au fil de son cheminement, la vision de Mélanie sur la recherche scientifique a évolué. Contrairement à l’université, où les protocoles sont encadrés, et les résultats, attendus, quand on fait de la recherche en laboratoire, on baigne dans l’inconnu.
Ses travaux actuels en sont un exemple concret. Alors qu’elle étudiait la mitochondrie, son hypothèse de départ s’est avérée invalide au fil des résultats observés : « C’était une grande surprise pour nous de constater qu’aucun des facteurs attendus ne s’appliquait », confie Mélanie.
Ses résultats remettent en question certaines recherches antérieures, ce qu’elle accueille avec du recul et un esprit scientifique : « La science évolue constamment. Invalider des résultats passés, ce n’est pas pointer du doigt, c’est contribuer à faire avancer les connaissances. »
En conclusion de cette découverte, Mélanie envisage la rédaction d’un article de synthèse combinant les recherches passées et ses propres résultats pour proposer une vue d’ensemble actualisée du sujet.
Un constat important ressort cependant : dans le milieu scientifique, seules les recherches donnant des résultats positifs sont publiées. Les échecs et les difficultés restent invisibles. Une réalité qu’elle souhaiterait explorer et changer à l’avenir dans sa carrière.
Un parcours dans des établissements à taille humaine
D’abord à l’Université de Saint-Boniface, puis à l’Université de Moncton, Mélanie a évolué dans des environnements francophones favorisant les échanges et l’accompagnement personnalisé.
« J’ai confirmé qu’on peut recevoir une excellente éducation sans viser une grosse institution. Ici, je n’étais pas seulement une étudiante parmi d’autres », dit-elle.
Elle rappelle toutefois une réalité incontournable dans le milieu scientifique : l’anglais domine largement. « Même si mon travail quotidien se fait en français, toutes les publications scientifiques sont en anglais », souligne Mélanie.
Elle note cependant une évolution pour les présentations bilingues, qui sont de plus en plus encouragées au Canada.
Le parcours de Mélanie Aminot illustre comment les défis de la science peuvent devenir un moteur de recherche et de découverte. Ses expériences de part et d’autre du Canada ont pu nourrir sa curiosité et lui ont permis de développer une approche ouverte et réfléchie de la science tout en embrassant sa langue première.
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