PROFILS | Publié : février 2022

L’envie d’aider d’un étudiant‑chercheur

Kevin Prada, étudiant en psychologie.

Kevin Prada, étudiant en psychologie, collabore à la recherche de l'Université depuis sa première année.

Des occasions rêvées de recherche s’offrent aux étudiantes et étudiants de l’Université de Saint-Boniface, et ce, dès le premier cycle. En effet, les étudiants-chercheurs œuvrent dans des domaines aussi variés que la microbiologie ou les sciences infirmières. Pour Kevin Prada, c’est la psychologie.

Le cas de Kevin Prada est époustouflant. Étudiant en 3e année de psychologie, il collabore à la majorité des projets de recherche de la professeure Danielle de Moissac. « Je suis heureuse de pouvoir initier les étudiantes et étudiants à la recherche, dit cette dernière. Pour eux, c’est une occasion inespérée au baccalauréat. Et pour moi, c’est une aide précieuse. Il y a beaucoup à faire dans mon département de sciences expérimentales. »

Vocation

À 31 ans, Kevin Prada a déjà un riche parcours de vie. Franco-Manitobain d’origine, il a fait son primaire à l’école Lacerte et son secondaire au Collège Louis-Riel. Après avoir travaillé à Ottawa pour un organisme jeunesse, il a été animateur, puis directeur d’un camp de vacances à Saint-Malo, un village à 70 km au sud de Winnipeg.

« J’ai côtoyé des jeunes qui vivaient de la détresse, de l’anxiété, des troubles alimentaires. Cela m’a confirmé que j’avais envie de soutenir, de soigner les gens. »

Kevin veut devenir psychologue clinicien. Il accordera donc beaucoup d’attention et de temps au suivi psychologique de patients. Enfants et familles seront au cœur de sa pratique, et il compte offrir ses services en français. « Il est primordial de pouvoir parler de sujets intimes, profonds dans sa langue. »

Recherche

Bien décidé à servir les gens, Kevin n’en démontre pas moins un grand intérêt pour le monde universitaire, pour la mécanique de la recherche. Dès sa première année en psychologie, en 2018, il a approché la professeure Danielle de Moissac pour lui offrir ses services. Celle-ci a été ravie d’une attitude aussi proactive.

À son second semestre, il a rédigé un article sur la santé mentale des étudiants internationaux.

« Les étudiants d’ici se sentent souvent chez eux à l’USB, un milieu rassurant qui ressemble un peu au secondaire. Mais les étudiants venus d'ailleurs peuvent éprouver des difficultés d’intégration aux communautés universitaire, manitobaine et canadienne. Un participant nous a déjà dit : “Ce n’est pas seulement un climat froid qu’on ressent à notre arrivée ici, mais une ambiance froide!” »

Il a aussi participé à une étude sur la consommation du cannabis récréatif à la suite de sa légalisation en octobre 2018. Cette étude s’inscrivait dans une vaste enquête sur les comportements à risque des étudiants de cinq universités du Manitoba, de l’Ontario et du Québec. L’équipe de Kevin s’est concentrée sur la population étudiante de l’USB de 18 à 24 ans.

« Deux sondages se sont déroulés un mois et quatre mois après la légalisation du cannabis. Nous avons observé peu de changements. Mais certains qui en consommaient déjà en consommaient davantage. » Pour Kevin Prada, la sensibilisation et la prévention demeurent essentielles. « Cette drogue peut avoir des effets néfastes sur le développement du cerveau et sur le plan comportemental. »  

À cette période, il a aussi contribué à une analyse des besoins des personnes LGBTQ2S d’expression française, doublement minorisées au Manitoba. Ce projet a pris une envergure impressionnante. Après avoir produit un rapport (dévoilé en juin 2021) et rédigé deux articles, Kevin donne aujourd’hui de la formation à ce sujet dans les écoles et auprès des Éducatrices et éducateurs francophones du Manitoba (EFM).

« J’essaie d’amener le corps enseignant à bien rejoindre les élèves LGBTQ2S, à les inclure de façon proactive et à prendre soin. » Une phase II de recherche a d’ailleurs commencé concernant les 12 à 18 ans. « Je suis enchanté de l’impact direct et immédiat de mes travaux sur la population », dit celui pour qui la recherche doit avoir des effets concrets.

À l’automne 2020, il participait à une étude évaluant les effets de la pandémie sur la santé mentale de la population étudiante et du personnel. Cette étude a mené à la centralisation de ressources sur le Web.

Dépistage et aiguillage en santé mentale

À l’heure actuelle, Kevin Prada est l’assistant de recherche principal d’un programme pilote de deux ans intitulé Vers la réussite. « Le but est d’identifier, dès leur arrivée sur le campus, les personnes qui pourraient bénéficier de soutien, par exemple ceux d’un plus jeune âge, de genre féminin ou non binaire, qui vivent seuls ou qui ne parlent pas français à la maison. »

Une « navigatrice », embauchée à temps plein, les aiguille ensuite vers les services appropriés de soutien académique, psychologique, médical, ou socioéconomique, que ce soit à l’USB ou dans la communauté. Le programme comprend la validation de l’outil de mesure des étudiants à risque, leur accompagnement par la navigatrice et l’évaluation du programme.

Idéalement, ce projet pilote, mené dans deux autres établissements postsecondaires francophones en milieu minoritaire (la Cité universitaire francophone de Régina et l’Université de Hearst) serait implanté à l’automne 2023.

Kevin Prada a un message pour les étudiantes et étudiants : « Si tu as envie d’essayer la recherche, parles-en à tes professeurs. Je te garantis qu’ils souhaitent avoir ton aide! »

 

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