NOUVELLES ET ÉVÈNEMENTS | 9 mars 2026

L’apprentissage hors classe, une occasion privilégiée d’explorer les multiples identités francophones

Sylvie Berthelot-Dilk, professeur de français, dans une salle de classe assombrie.
Sylvie Berthelot-Dilk lors d'un cours explorant la pièce Ô Canada té qui toi?

Convaincue que l’apprentissage du français et de ses thématiques culturelles et identitaires gagne en profondeur lorsqu’il est vécu à l’extérieur de la salle de classe, la professeure de français à la Faculté d’éducation de l’USB, Sylvie Berthelot-Dilk, organise chaque année une sortie au Théâtre Cercle Molière pour ses cours de première année.

Les 6 et 7 février derniers, les étudiantes et étudiants du baccalauréat en éducation ont donc assisté à la représentation de Ô Canada, té qui toi?

Des valeurs à transmettre

S’inscrivant dans le cadre du mois de l’histoire des Noirs, la pièce abordait des thèmes tels que l’identité, la diversité ou encore la justice sociale, autant d’enjeux que l’on retrouve dans le programme d’éducation, et qui créent un lien concret entre les cours de français, la communauté et la future pratique professionnelle des étudiantes et étudiants.

« Le fait d’assister à la représentation a vraiment renforcé ce que l’on apprend en cours. Tout devient plus concret et résonne davantage en nous », affirme Nawel Sairi, appuyée par Nezha Radouane, toutes deux étudiantes en éducation. Ayant elles-mêmes une identité construite entre culture d’origine et culture d’accueil, elles disent s’être reconnues dans les enjeux présentés.

« En tant que maman et future enseignante, on réalise à quel point les questions identitaires sont importantes. Il ne s’agit pas d’effacer la culture d’origine d’un élève, mais bien de l’aider à s’intégrer à sa culture d’accueil », ajoute Nawel. Pour elle, la pièce a permis de mettre en lumière l’importance de ces enjeux et de rappeler combien il est essentiel d’accueillir et de valoriser les différences.

Cette sortie était aussi l’occasion pour la professeure Berthelot-Dilk de rappeler le rôle essentiel du français comme outil d’expression et d’influence: « Bien utilisé, le français peut avoir beaucoup d’impact. Les mots sont une forme de pouvoir qui peut produire des effets tangibles. »  

Des projets pour prolonger l’expérience

Pour préparer la sortie et relier l’expérience théâtrale aux apprentissages faits en classe, Sylvie Berthelot-Dilk a travaillé avec ses étudiantes et étudiants sur la littérature afrodescendante, et a développé plusieurs projets pédagogiques. « L’objectif est de montrer la pluralité de la francophonie et de déconstruire l’idée d’un seul français, en valorisant les accents, les régionalismes et le sens de certains mots vieillis », indique-t-elle.

Dans cette perspective, il a été demandé aux étudiantes et étudiants de lire un roman et un album jeunesse, soit écrits par des autrices et auteurs afrodescendants, soit mettant en scène un personnage afrodescendant valorisé. Ensuite, il fallait créer une publicité pour le roman, et une infographie pour l’album jeunesse.

« Comme le mois de février est le mois de l’histoire des Noirs, mais aussi celui de la lecture, les étudiantes et étudiants ont également lu l’album jeunesse au sein des écoles dans lesquelles ils font leur stage, ajoute Sylvie Berthelot-Dilk. Ils sont vraiment formidables! »

Nawel et Nezha saluent également ce projet, tout en reconnaissant que la recherche de lectures issues de la littérature afrodescendante a parfois représenté un défi. L’expérience de lecture auprès d’enfants en milieu scolaire leur a toutefois permis d’en mesurer tout l’intérêt.

« Certains enfants d’origine africaine ont pu reconnaitre, par exemple, un arbre qui n’existe qu’en Afrique. Cela leur a permis de s’identifier à l’histoire, mais aussi de partager leur expérience avec leurs camarades », explique Nezha. « C’est important de proposer des exemples diversifiés pour que chaque élève puisse se reconnaitre », conclut Nawel.

Un engagement communautaire

Tout au long de l’année, d’autres projets pédagogiques similaires sont développés, notamment avec Cinémental et le Musée canadien pour les droits de la personne.

« Nos partenaires sont géniaux, ils sont capables de s’adapter à nos calendriers et à nos projets. Je dois avouer que nous sommes extrêmement chanceux », souligne Sylvie Berthelot-Dilk.

En plus de rendre les apprentissages vivants, ces collaborations renforcent les liens communautaires et encouragent les futurs enseignants et enseignantes à diversifier leurs ressources et à inviter, à leur tour, leurs élèves à découvrir la richesse de la communauté.


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