PROFILS | Publié : septembre 2025
La réconciliation par l’entremise de l’art
Gabrielle Boulet, étudiante métisse et auteure d'une oeuvre d'art qui a été apposée sur un t-shirt orange à l'occasion de la Semaine nationale de la vérité et de la réconcilation.
Étudiante au baccalauréat en éducation, Gabrielle Boulet se démarque en étant une voix artistique et culturelle inspirante à l’Université de Saint-Boniface. Son œuvre, choisie pour figurer sur un t-shirt orange dans le cadre de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, témoigne de son attachement à ses racines et de sa volonté de contribuer au dialogue entre les cultures.
Une inspiration profondément ancrée dans ses racines
Pour Gabrielle, la création de ce visuel est avant tout un geste personnel et identitaire. « J’ai voulu créer un design qui démontre l’art métis et qui, en même temps, puisse soutenir cette cause qui me tient à cœur. Je suis profondément ancrée dans ma culture métisse, et je ne manque jamais une occasion de partager celle-ci avec mon entourage », souligne-t-elle. Ce projet unissant l’esthétique et le sens lui a permis de conjuguer engagement artistique et contribution communautaire.
Deux marguerites pour ses ancêtres et un cercle pour l’avenir
Maquette de La roue de guérison apposé sur un t-shirt orange.
Le design intitulé La roue de guérison est riche en symboles. Au centre trône la roue de la charrette de la rivière Rouge, emblème métis bien connu. Pour Gabrielle, cette roue incarne le cercle de partage, de dialogue, et renvoie à la roue de médecine des Premières Nations. Avec celle-ci, l’artiste a voulu souligner le rôle essentiel du dialogue interculturel dans la réconciliation.
Les fleurs occupent aussi une place importante dans la composition du motif. Deux marguerites blanches placées au cœur du cercle symbolisent ses grands-parents, qui ont joué un rôle déterminant dans son parcours. Sa grand-mère, notamment, l’a encouragée à explorer son potentiel artistique en lui confiant la réalisation d’une murale sur sa maison. Cet hommage intime relie sa démarche créative à une mémoire familiale qui continue de l’inspirer.
Un parcours marqué par l’art et la fierté francophone
Peinture, perlage, graphisme : autant de façons de se connecter à sa culture métisse et d’exprimer son identité. Gabrielle y voit aussi un moyen d’unir traditions et nouvelles explorations, tout en donnant sens et profondeur à ses créations grâce aux réflexions nourries par ses études en littérature et en philosophie.
À l’USB, elle a vécu des expériences marquantes qui l’ont poussée à sortir de sa zone de confort. Elle se souvient particulièrement de son exposition organisée avec son professeur, M. Valenti : « Sans son soutien et ses encouragements, je n’aurais jamais eu la chance de partager mon amour pour l’art et ma culture avec la communauté. »
Mais le parcours de Gabrielle est aussi intimement lié à son attachement à la francophonie. Choisir de poursuivre ses études postsecondaires en français était pour elle une évidence, et un hommage à son grand-père, Raymond Poirier, militant de la cause francophone au Manitoba. Grâce à son engagement, des générations d’étudiantes et d’étudiants ont obtenu le droit de s’épanouir dans leur langue. Pour Gabrielle, étudier à l’USB, c’est à la fois perpétuer cet héritage et contribuer à faire rayonner le français dans la société manitobaine.
Un message d’authenticité et de courage
En mettant son talent au service de la mémoire et de la réconciliation, Gabrielle Boulet ajoute sa pierre à la création d’un espace d’épanouissement, de dialogue et de diversité à l’USB. Son œuvre sur le t-shirt orange devient ainsi un symbole à la fois personnel et collectif, un rappel que la réconciliation commence par l’écoute, le partage et la reconnaissance de toutes les voix.
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