NOUVELLES ET ÉVÈNEMENTS | 23 juin 2026
Deux étudiantes et un étudiant au cœur des enjeux de santé en milieu rural

Alexandre Dacquay, Hanna Bédard et Kiera Legault.
Dans les communautés éloignées, l’accès aux soins de santé primaires peut devenir un parcours d’obstacles. C’est ce que deux étudiantes et un étudiant en sciences infirmières de l’USB — Hanna Bédard, Alexandre Dacquay et Kiera Legault — ont cherché à mettre en lumière à travers une évaluation communautaire.
Leur projet, pour lequel des démarches de financement ont été entamées, fera l’objet de plusieurs présentations, prolongeant ainsi leur stage dans une démarche appliquée en milieu communautaire.
Une immersion au sein des communautés rurales
Dans le cadre de leur stage en santé communautaire, réalisé en partenariat avec le Conseil de Santé Rivière-aux-Rats (RRHC) à St-Pierre-Jolys, l’équipe a pu identifier de nombreux obstacles dans l’accès aux soins de santé primaires, notamment la pénurie de médecins de famille, la quasi-absence de services de santé mentale et la nécessité de parcourir de 30 à 45 minutes pour un rendez-vous médical.
À travers cette évaluation, leur objectif, à terme, est de pouvoir adapter les services et de fortifier l’engagement communautaire pour les populations rurales bilingues du sud du Manitoba.
« Malgré ces défis d’accès, il existe aussi quelque chose d’unique au sein de ces communautés : une cohésion sociale exceptionnelle et un fort esprit communautaire. Ces deux réalités coexistent, et c’est là toute la complexité du travail », affirme Hanna Bédard.
Évaluation des obstacles aux soins de santé primaires
En partenariat avec le RRHC, la démarche du groupe a permis de recueillir des résultats tangibles, et de définir les priorités d’action.
« Ce qui m’a particulièrement interpelée, c’est que 65 % des répondants ne savent pas où obtenir de l’aide en santé mentale », explique Hanna. Pour elle, le problème ne réside pas seulement dans le manque de ressources, mais aussi dans leur faible visibilité. « Cela m’a rappelé que l’information est aussi une forme de soin », ajoute-t-elle.
L’analyse des données a ainsi mis en évidence plusieurs enjeux clés : améliorer l’accès local aux soins primaires et d’urgence, renforcer l’offre en santé mentale et recruter davantage de professionnels bilingues afin d’assurer des soins réellement équitables aux francophones.
Une expérience formatrice
Grâce à la diversité des milieux de stage en santé offerts à sa population étudiante, l’École des sciences infirmières et des études de la santé (ESIES) de l’USB favorise un engagement actif dans le développement des connaissances et des compétences en lien avec les besoins des communautés.
Ces apprentissages sur le terrain, en complément des théories étudiées en classe, permettent aux étudiantes et aux étudiants de mieux comprendre leur métier.
« Cette expérience me confirme que le rôle infirmier ne se limite pas au chevet du patient, mais qu’il s’étend à la communauté et aux politiques de santé », avance Hanna. Elle souligne aussi avoir appris l’importance de ralentir et d’écouter avant de proposer des solutions, en laissant la communauté définir ses propres priorités. « C’est un apprentissage qui va bien au-delà des sciences infirmières : c’est une posture humaine. »
Des présentations comme signe de reconnaissance
Présentée lors de la Journée du Savoir organisée par l’ACFAS-MB à l’USB en avril dernier, l’initiative a remporté la 1re place dans la catégorie des affiches. Dans la continuité de cette reconnaissance, le groupe a également eu l’occasion de présenter son évaluation au Helen Glass Research Symposium de l’Université du Manitoba le 12 mai, ainsi que lors de la Conférence des infirmières et infirmiers en santé communautaire du Canada (IISCC 2026) qui a eu lieu du 20 au 22 mai en Colombie-Britannique.
Les prochaines étapes consistent à obtenir un financement durable de Santé Manitoba afin d’approfondir le projet et de retourner auprès de la communauté pour en suivre les retombées.
Un engagement envers la population en milieu rural
L’engagement de l’ESIES en milieu rural se manifeste également à travers plusieurs autres expériences, notamment la participation d’un groupe à Churchill, en collaboration avec le Men’s Warrior Group, ainsi qu’un second groupe à Thompson, aux côtés du département de santé publique et de l’équipe spécialisée en ITSS (infections transmissibles sexuellement et par le sang). Par ailleurs, la nouvelle formule du Certificat d’aide en soins de santé permet désormais à la population étudiante de suivre sa formation à distance grâce à un enseignement comodal.
En consolidant ses partenariats et en adaptant ses offres de formation, l’USB élargit l’accès à l’apprentissage et renforce ses liens avec les communautés éloignées, contribuant ainsi au développement des services essentiels en santé à l’échelle de la province.