NOUVELLES ET ÉVÈNEMENTS | 28 mai 2026
Des premières cohortes en éducation de la jeune enfance à aujourd’hui

Des membres de la première cohorte en éducation de la jeune enfance de l'USB.
En 1988, pour répondre à la première Loi sur la garde d’enfants au Manitoba, qui imposait que les deux tiers du personnel en milieu préscolaire soient formés et titulaires d’un diplôme, l’USB mettait en place une formation intensive à temps plein accompagnée de stages pratiques. Un an plus tard, l’Université proposait un diplôme de deux ans en éducation en service de garde, devenu depuis le diplôme en éducation à la jeune enfance.
Le 8 mai dernier, une quarantaine de personnes issues des différentes cohortes en éducation à la jeune enfance ont pris part à des retrouvailles, qui ont été l’occasion d’échanger sur l’évolution de leur métier et de mesurer le chemin parcouru depuis la création des programmes.
Un projet-pilote
D’abord lancé comme projet-pilote, la formation condensait deux années d’études en éducation à la jeune enfance en 12 mois consécutifs. Parmi les premières diplômées, Marie Vinet, qui travaillait depuis deux ans en garderie auprès d’un enfant ayant des besoins de soutien additionnel, s’est vue encouragée par sa directrice à s’inscrire au programme.
« Nous étions 22 élèves en classe. Environ la moitié travaillait déjà en centre d’apprentissage et de garde », explique-t-elle, avant d’ajouter que cette première moitié se faisait observer directement sur son lieu de travail, tandis que la deuxième effectuait des stages en centre, pour répondre aux exigences de la formation.
Si Marie Vinet avait bien l’impression de participer à quelque chose de pionnier, elle ne donnait pas d’importance au fait de faire partie de la première cohorte : « Mes inquiétudes venaient plutôt du fait de retourner aux études. J’avais besoin de réapprendre à étudier, à lire des textes académiques et à rédiger des rapports. C’était intense, il y avait beaucoup de travail à faire à la maison. »
À cela s’ajoutait un manque de ressources en français, ainsi que le défi de concilier les études et la vie familiale.
Une évolution continue
Aujourd’hui retraitée depuis plusieurs années, Marie Vinet prend du recul sur l’évolution de sa profession. « Je pense que le milieu est aujourd’hui davantage respecté. Dans mon temps, les gens disaient que nous étions des “gardiennes glorifiées”. »
Depuis le début de sa carrière, de nombreuses revendications ont été portées auprès du gouvernement afin de mieux reconnaitre le rôle des éducatrices et éducateurs de la jeune enfance. « Aujourd’hui, les centres offrent des avantages sociaux, des régimes de retraite et des salaires qui semblent plus respectables », explique Marie Vinet, qui encourage néanmoins les nouvelles générations à poursuivre les démarches quant à la valorisation de la profession.
Représentant l’ensemble des cohortes en éducation à la jeune enfance, les personnes présentes ont pu mesurer ces évolutions en participant notamment à une activité collaborative mettant en lumière les transformations du programme avant et après 2008.
« C’est intéressant de voir combien le programme et le domaine ont évolué. Revoir mes anciennes collègues de classe et passer la soirée avec ma fille, qui est elle aussi diplômée de ce programme, est un beau symbole du chemin parcouru. »