Quand les marqueurs mitochondriaux trompent : des découvertes qui défient des années de prémisses non vérifiées
CONFÉRENCIÈRE :
Mélanie Aminot
Dctorante en biochimie, Université de Moncton
RÉSUMÉ :
Les mitochondries sont souvent décrites comme les “centrales énergétiques” de la cellule, mais leur forme, leur nombre et la façon dont elles interagissent varient selon le type de tissu et la température de l’environnement. Ceci est particulièrement vrai chez les animaux à sang froid, qui ne peuvent pas contrôler leur température corporelle : lorsque la température environnementale change, leurs cellules – y compris le contenu mitochondrial – s’ajustent en conséquence. Pour comprendre comment la température peut influencer un tissu, il est donc essentiel de savoir si la capacité des mitochondries change, ou si c’est plutôt le nombre de mitochondrie qui varie. Cette “densité mitochondriale” peut être mesurée directement au microscope ou à l’aide de mesures indirectes, appelées marqueurs de densité mitochondriale. Ces deux approches cependant, présentent des limites, et les marqueurs de densité les plus utilisés n’ont pas encore démontré leur applicabilité universelle. Dans cette étude, nous avons examiné plusieurs espèces à sang froid – la mouche à fruit (Drosophila melanogaster), un coléoptère (Leptinotarsa decemlineata) et un poisson (Salvelinus alpinus) – acclimatées au froid ou au chaud. Pour chacune, nous avons mesuré la densité mitochondriale et testé plus de dix marqueurs potentiels. Nos résultats montrent que, même si certains marqueurs suivent des tendances similaires à la densité réelle de mitochondries, aucun indicateur ne correspond de manière cohérente dans tous les cas. Cela remet en question, pour la première fois, la notion d’indicateurs fiables de la densité mitochondriale et souligne l’importance des influences contextuelles en sciences physiologiques.
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