PROFILS | Publié : avril 2017

Partager sa musique sur un nouveau continent

Cheick Keita, étudiant à l'USB et rappeur, debout devant le monument de Louis Riel

Cheick Keita, originaire du Mali et étudiant en administration des affaires à l'École technique et professionnelle de l'USB, veut faire connaitre sa musique au Canada. 

 

Étudiant à l’Université de Saint-Boniface (USB) depuis décembre 2016, Cheick Keita arrive avec ses ambitions scolaires et musicales. Né au Mali, ce rappeur de 19 ans souhaite concrétiser son rêve : se faire un nom sur un autre continent.

Les valises chargées de sons venus de Bamako, Cheick Keita arrivait en début d’année, avec l’envie de suivre le chemin qu’il s’était tracé depuis son adolescence. « J’ai grandi à Bamako, dans la cité UNICEF, raconte-t-il, c’est là où j’ai commencé à faire du rap quand j’avais 13 ans. On organisait des battle avec les autres quartiers. » 

Étudiant en administration des affaires, Cheick, alias Bader Ché sur scène, a entamé un cursus de quatre ans au Manitoba. « Au début, je n’étais pas partant, je faisais des concerts, des spectacles privés, j’aidais les enfants à faire du rap. C’est mon père qui m’a poussé à poursuivre mes études, sans m’empêcher de chanter. »

À Bamako, Cheick Keita s’est fait connaitre grâce à son rap, empruntant les sonorités traditionnelles africaines, l’afro trap : « C’est du rap, mais avec des notes africaines qui font bouger. Je veux avant tout ambiancer ». Inspiré et influencé par la réussite du rappeur français MHD, ou du Nigérien Wizkid, ce jeune de Bamako arrive au Canada pour importer un style de musique encore méconnu sur le continent.

« Avant de venir, souligne-t-il, je me suis renseigné sur le cercle musical, et je vois vraiment qu’il y a de la place pour mon style de musique. » Publié au début mars 2017, son dernier titre Tapez des mains a tout de suite fait écho dans les couloirs de l’USB : « J’ai reçu de très bons retours dans le campus, des gens qui aiment ce que je fais. »

De quoi pousser Cheick Keita à poursuivre son travail et toucher un plus large public à Winnipeg. « Je travaille déjà avec un studio professionnel pour un prochain album. Pour l’instant, j’ai déjà cinq titres d’écrit. »

Aidé d’un beatmaker qui lui envoie des sons d’Afrique et d’un voisin guitariste qu’il a rencontré dans son immeuble, Cheick pense déjà rester au Manitoba pour espérer, un jour, vivre de sa passion : « J’ai déjà un studio professionnel ici, je peux faire de meilleurs clips. Je veux chanter, mais aussi persévérer dans les études. J’ai une vision lointaine. Avec la musique, on peut aboutir à beaucoup de choses, on peut faire du business. »

Une ambition qui ne l’empêche pas de regarder derrière lui, au Mali, où sa famille et son public l’attendent.

 

 

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