PROFILS | Publié : juin 2017

« Ici, c'est chez moi maintenant »

Céline Ménard, diplômée de l'USB

Après 18 ans de va-et-vient entre son pays natal et le Manitoba, Céline Ménard, nouvellement diplômée de l'USB en éducation, fait du Manitoba son chez-soi. 

 

Diplômée du baccalauréat en éducation de l’Université de Saint-Boniface, Céline Ménard vit une histoire fusionnelle avec le Manitoba et Winnipeg. Arrivée il y a dix-huit ans de la France sur la terre de Louis Riel, la jeune enseignante aura pourtant mis du temps avant de découvrir la communauté francophone.

À 35 ans, cette Française a aujourd’hui fait du Manitoba sa maison. « Je me suis découverte ici. J’y ai développé ma personnalité. »

L’histoire commence à ses 18 ans, lorsqu’elle découvre pour la première fois Winnipeg, en tant qu’étudiante internationale. Née au Mans dans l’ouest de la France, Céline suit alors des études de lettres et d’histoire. « Je voulais voyager et parler anglais. Et je rêvais de vivre l’hiver canadien, alors je suis venue. » Logée dans une famille d’accueil anglophone, elle devient très rapidement bilingue et crée des liens forts avec son entourage. « Ils sont devenus aujourd’hui comme une deuxième famille. Ça a été très dur de rentrer en France ensuite, parce que je m’étais trouvée ici. »

À peine revenue du Canada en 2000, elle décide de travailler en parallèle de ses études pour financer son voyage, chaque été, à Winnipeg. Un plan qu’elle mettra en action jusqu’en 2006, avant de passer quatre mois au Michigan pour son master, à l’université de Grand Valley State. Cette année-là, elle passe les fêtes au Manitoba. « Chaque décision de ma vie a été prise dans le but de revenir vivre ici. »

De retour en France en 2007, elle rédige son mémoire qu’elle consacre à Louis Riel. « C’est quelqu’un qui m’a inspiré dans ma vie professionnelle. J’ai toujours été impressionnée par ce personnage. » Céline déménage ensuite en Allemagne à Brême, où elle enseigne le français et l’anglais de 2008 à 2015. Une longue expérience qui lui fait prendre conscience de certaines choses. « Je me suis rendu compte que j’étais une enseignante dans l’âme. »

De retour à Winnipeg en 2015, elle décide de s’inscrire à l’Université de Saint-Boniface sur le conseil de ses amis. Le 8 septembre, elle entame son premier jour dans le programme d’éducation pour le secondaire. « Je ne connaissais pas du tout cette université. C’est à ce moment-là que je me suis aperçue qu’il y avait une véritable communauté francophone à Winnipeg. » Deux années de travail acharné qui lui valent de finir à chaque fois major de promotion, de remporter le prix d’excellence de l’Université, ainsi qu’un prix du gouvernement français.

« J’ai beaucoup appris de mon stage de deuxième année au Collège Garden City. J’ai découvert une nouvelle manière d’enseigner. Aujourd’hui, je préfère le système à double voie parce que j’ai à la fois le français et l’anglais dans mon environnement. »

Enseignante depuis avril 2017 au Collège Sturgeon Heights, Céline Ménard vit pleinement son rêve winnipegois. « J’adore cette école, c’est un univers de travail formidable. » Désormais, c’est décidé, la Manitobaine d’adoption ne compte plus quitter sa terre d’accueil. « J’ai fait les procédures pour demander le titre de séjour. Je veux vraiment rester vivre ici. Home sweet home, ici c’est chez moi maintenant. »

 

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