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Une vie pour les services en français

 Lorette Beaudry Ferland
Lorette Beaudry Ferland,
récipiendaire du Prix Alexandre-Taché
de l'Université de Saint-Boniface

Quel que soit le domaine, la Franco-Manitobaine Lorette Beaudry Ferland a passé sa vie à se battre pour la création et le maintien des services en français. En fait, ce combat qu’elle continue lui a valu au mois de juin 2014 de recevoir le Prix Alexandre-Taché décerné par l’Université de Saint-Boniface, un prix qui reconnaît la contribution d’une personne à la communauté. Plus particulièrement, c’est son engagement envers les domaines de la santé, de l’éducation, des arts et des femmes qu’a fait de Lorette Beaudry Ferland la candidate idéale pour ce prix.

« Je suis très touchée, confie Lorette Beaudry Ferland. Je ne travaille pas pour la reconnaissance, mais c’est quand même un grand honneur qu’on souligne ce que j’ai fait pour la vitalité de la communauté. » Les contributions de la récipiendaire ont touché la santé, l’éducation, les arts ou encore les femmes.

Lorette est née et a toujours vécu à Saint-Boniface ou aux alentours. Fière francophone, son parcours de vie l’a souvent menée là où les services en français n’étaient pas ou peu accessibles, et chaque fois, elle a lutté pour établir ou améliorer ces services.

« J’ai participé à créer le Centre de ressources Santé en français en 1992 et on a pu constater la pénurie de professionnels de la santé bilingues, raconte Lorette Beaudry Ferland. De là ont découlé les baccalauréats en sciences infirmières et en service social, entre autres. 

« J’ai aussi joué un rôle dans la création du Centre de santé Saint-Boniface à la suite du constat de la pénurie de services en français à l’Hôpital Saint-Boniface (HSB), en 1988, ajoute-t-elle. Dans les années 2000, j’ai été présidente du Centre de santé pendant une dizaine d’années. »

Elle est encore aujourd’hui présidente du conseil de la Corporation catholique de la santé du Manitoba, afin de « continuer le travail admirable des religieuses pour desservir la communauté, explique-t-elle. Leurs œuvres sont d’une grande richesse et ce serait une perte de les laisser tomber ».

Lorette Beaudry Ferland a œuvré dans la santé, car elle était alors employée de l’HSB. La maternité l’a menée vers d’autres combats : ceux pour l’éducation en français. À mesure que ses enfants grandissaient, elle a toujours cherché des services en français.

« Quand mes enfants étaient tout-petits dans les années 1970, il n’existait rien en français pour eux, se souvient-elle. Avec des amis, parents eux aussi, on a donc mis sur pied le premier Mini-franco-fun. Plus tard, aux scouts, il n’y avait pas de groupe de Castors en français. Avec d’autres parents, on a développé ce projet et on est allés le défendre devant le mouvement scout à Montréal. »

Lorette Beaudry Ferland a aussi été très impliquée dans le mouvement pour la désignation des écoles françaises au Manitoba. En effet, elle était commissaire d’école à l’école Précieux-Sang.

La récipiendaire du Prix Alexandre-Taché a aussi œuvré dans les arts en aidant à développer le programme scolaire du Festival du Voyageur, ainsi que pour les femmes en participant à la création de Réseau action femmes et de l’Entre-temps des Franco-Manitobaines.

« Mes intérêts pour agir, c’était ma famille, mais aussi le fait que ces services en français sont notre droit, conclut-elle. Chaque fois que des manques étaient identifiés près de moi, j’ai eu la piqûre d’agir. Il fallait prendre la responsabilité de créer ces services pour pouvoir en jouir. »

Publié : aout 2014

 

 

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